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Critique de "Jadina" par le site BDZoom.com

La série sur les origines des « Légendaires » continue en se focalisant, cette fois-ci, sur la princesse Jadina. Précédemment, on a pu découvrir ses colères et son tempérament fougueux de petite fille gâtée. Mais on ne savait, au final, que peu de choses sur son passé : lorsqu’elle était une vraie petite fille. Cette histoire avant l’histoire permet de replacer, dans son contexte original, des personnages maintenant bien connus et appréciés des enfants et des adolescents.

Cet album permet de se faire une idée neuve sur l’enfance de Jadina, bien loin des stéréotypes princiers. Cette approche nouvelle va peut-être changer l’image de cette héroïne aux yeux de certains lecteurs et enlever la plupart des préjugés qui, pourtant, lui collent à la peau.

Cette aventure débute par l’arrivée du roi Salim, venu en visite officielle au royaume d’Orchidia où règnent les parents de Jadina. Il est venu en compagnie de son fils, le prince Halan, un turbulent jeune homme qui fera la connaissance de la tout aussi turbulente Jadina. Ils sont jeunes, ils jouent ensemble, mais surtout bravent les interdits. Ils veulent absolument voir, avant tous le monde, le fameux Cracolac, cet animal monstrueux offert par la délégation royale afin d’agrémenter le zoo d’Orchidia. Malheureusement, le monstre s’est échappé de sa cage et il s’en prend à Kasino,
 le cousin de Jadina qui y laissa un oeil. Il en portera rancœur à sa cousine pendant de longues années, l’accusant d’être a l’origine de son traumatisme. Jadina grandie, elle doit maintenant devenir plus sage et est promise à un avenir royal. Mais pour vérifier qu’elle est digne de gouverner, elle doit être acceptée par le Baton Aigle de Jadilyna. Malheureusement, elle échoue à cette épreuve initiatique, et c’est donc sa tante qui prendra le pouvoir en cas de décès de ses parents. Le reste n’est que complots et trahisons, comme dans toute saga familiale qui se respecte.


Extrêmement dynamique, ce tome est dans la lignée des meilleures aventures des « Légendaires » : un scénario bien rythmé avec des flash-back bien placés qui nous éclairent grandement sur le personnage de Jadina. Le tout accompagné d’une dose non négligeable de sous-entendus et petites anecdotes permettant plusieurs niveaux de lecture. Notre confrère Otakia a d’ailleurs listé les nombreux clins d’oeil de cet album. Certains sont évidents, d’autres sont bien cachés et il y en a même qui sont impossibles à deviner si l’on ne connaît par personnellement la dessinatrice Nadou. Il est amusant de chercher, ici ou là, les références à la passion des auteurs, l’animation japonaise (nombreuses références à Escaflone), ou simplement aux grands maîtres de la peinture (La Joconde de Léonard de Vinci). Mais il est surtout amusant de voir des rencontres improbables comme celle d’Usagi, l’héroïne de « Sailor Moon », poursuivie par des Lapins crétins particulièrement agressifs.


Nadou, dessinatrice de cet album, a encore progressé. Son précédent opus sur Danael était déjà exceptionnel pour un premier tome. Ici, on a presque l’impression qu’il s’est écoulé une dizaine d’années et de nombreuses autres créations entre les deux. Le trait est plus fin, plus fluide, plus dynamique. Les couleurs plus travaillées avec plus d’effets et de reliefs. Les arrières plans se détachent bien des personnages et l’architecture est omniprésente. Les costumes sont superbement travaillés et surtout variés. Ce qui permet de reconaitre immédiatement chaque protagoniste. Nadou nous prouve une nouvelle fois son talent. Mais c’est également la mise en page et le découpage de Patrick Sobral qui rendent cet album si vivant et dynamique. La patte du créateur original est toujours présente et c’est tant mieux. Il sait à merveille raconter son histoire et son enthousiasme est communicatif. Du coup, cela crée un univers cohérent, malgré deux traits bien différents.


Même si l’album est assez sombre avec son lot de catastrophe et de mort inhérentes à l’univers chevaleresque des Légendaires, la couverture est, elle, bien plus lumineuse. Le fond blanc se transformant progressivement en noir profond montre la tension dramatique qui émane de cette histoire. La princesse Jadina, héroïne de ce tome, se détache des autres protagonistes avec son costume vert flamboyant. Comme pour souligner de ne pas nous inquiéter, tout ira bien pour elle. Elle va s’en sortir quelque soit les épreuves auxquelles elle peut être confrontée.


Grâce à cette aventure, le lecteur découvre une Jadina qu’il connaît bien : un personnage fougueux bien éloigné de la gamine écervelée qu’elle aurait pu être en tant que princesse. C’est un protagoniste au caractère déjà bien trempé qui ne déconcertera pas les fans de la première heure. Obligée de grandir trop vite pour de fausses raisons, elle prend ici, pour la première fois, son destin en main. Nadou et Patrick Sobral forment indéniablement un tandem dynamique, à même de raconter des histoires captivantes et matures. Le mélange d’aventure et d’humour fait encore une fois, sur cet album, un cocktail particulièrement réussi.

Gwenaël JACQUET

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