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Les Légendaires dépassent les 2 millions d'album vendus

C'est le site d'information Sud-Ouest qui nous informe ce matin que Les Légendaires viennent de dépasser le cap des 2 millions d'album vendus !! Bravo à Patrick Sobral et découvrez dès maintenant un article sur son passé et son parcours :

Le dessinateur Patrick Sobral, dans son bureau à Limoges, avec sa petite héroïne Shimy.

 

Licencié, Patrick Sobral vend des millions de Légendaires

Il était une fois un fils d'ouvrier portugais qui ramait sérieusement à l'école. Le dessin, seule matière pour laquelle il montrait du talent, ne pesait pas lourd sur le bulletin de notes. L'enfant des années 1980 préférait Goldorak, et tous les héros japonais du Club Dorothée, à ses vieux professeurs.

Son père, Rui Sobral, valeureux manutentionnaire, ne s'en inquiéta pas outre mesure. L'homme avait trouvé de quoi nourrir sa famille dans la ville idéale : Limoges. Le petit passe son temps à gribouiller ? Il deviendra peintre-décorateur sur porcelaine.

Et c'est ainsi que Patrick Sobral fit la fierté de ses parents pendant douze ans. Exécutant fleurs et arabesques sur de luxueuses petites boîtes qui plaisent tant aux millionnaires chinois et arabes. La couleur pourpre toujours avant les motifs rouges, question de cuisson...

Quand soudain, le patron de la manufacture déboula dans l'atelier, l'air dépité. Ça sentait la mauvaise nouvelle. Elle arriva. « Il faut licencier, les gars, je sais c'est dur, mais y a pas d'autres solutions ! »

« Je me souviens, c'était en septembre 2002. Je n'ai pas entendu de voix, genre Jeanne d'Arc, mais je sentais comme une bonne étoile... J'ai levé le doigt : je voulais bien partir. » Patrick Sobral est sans doute un rêveur. Mais pas un naïf. Il a bien négocié son départ de la manufacture Artoria. N'étant pas sur la liste des partants, il a veillé à ce qu'un jeune reste à sa place.

Avec ses allocations chômage, il se donne un an pour vivre de la bande dessinée. Tandis que son père fulmine ¯ « Pour lui, c'était comme si je quittais médecine pour faire clown » ¯ le frais licencié, tout juste trentenaire, prend ses croquis sous le bras et file à Angoulême, la ville de la bande dessinée. Première douche froide. « Mes dessins pour adultes, avec mes références de Comics américains, n'étaient pas assez commerciaux. » Les éditeurs lui conseillent la BD jeunesse, pleine d'avenir.

Légèrement pressé par Pôle emploi, qui veut savoir où en est sa reconversion, Patrick Sobral imagine alors un monde, Alysia, qu'un terrible sorcier a chamboulé. Tous les habitants sont redevenus des enfants, y compris les héros. Petits mais costauds. « Ils ont des traits et des costumes empruntés à des héros de dessins animés que j'aimais, adolescent. » Le graphisme est de style manga.

« C'était un peu la panique »

La maison Delcourt reçoit les dix premières planches et dit « banco ».« Là, c'était un peu la paniqueJe savais dessiner, découper une histoire, coloriser le tout sur mon vieux logiciel Paint Shop Pro que plus personne n'utilise. Mais mes dialogues manquaient de clarté. » Il tient à saluer les échanges constructifs avec Thierry Jorr, le directeur de collection.

Le premier tome des Légendaires paraît en 2004. « C'est pas parce tu as publié un livre que tu vas en vivre », assène papa Sobral, toujours incrédule. Les ventes décollent au cinquième. Ce mois-ci, le quinzième s'est hissé numéro 2 des ventes de bande dessinée, numéro 3, tous livres confondus. Au récent festival Quai des bulles de Saint-Malo, Delcourt annonçait un chiffre qui parle : deux millions d'albums vendus ! Mais toujours pas de dessinateur au stand de l'éditeur, alors que des centaines de fans de 8 à 12 ans l'attendaient.

« C'est trop loin, trop long par le train », s'excusait-il, jeudi, dans son bureau peuplé de figurines. Patrick Sobral ne cherche pas à jouer les mystérieux. Tous les mercredis après-midi, il répond à ses fans sur le site de la BD : 4,7 millions de visiteurs dévorés par la curiosité.

Mais il a du boulot, dans son nouveau boulot. Surtout depuis la sortie d'Origines, série complémentaire sur la génèse des Légendaires. Et il essaye de « maintenir mes 35 heures : trois heures le matin, quatre heures l'après-midi, cinq jours par semaine ». Du coup, quand il sort en dédicaces, c'est une joyeuse bousculade « Cinq heures d'attente, à la Fnac de Bordeaux, c'est le record. »

Parents, vous vous demandez pourquoi votre enfant dévore cesLégendaires ? Voici quelques pistes. L'homme est généreux : « Je veux que les lecteurs en aient pour leur argent. » Des albums denses, donc, et bourrés de clins d'oeil, telle l'étrange bête de la page 1, du tome 15. « Oui, oui, c'est celle de Star Wars. Ça m'amuse », avoue le dessinateur. Il y a des combats c'est vrai, mais jamais de sang. Et on vous garantit une série avec zéro scène de sexe !

Rui Sobral doit rentrer bientôt d'un long séjour au Portugal. Il aura une surprise. On a rencontré son dessinateur de fils, 40 ans, en plein préparatifs de déménagement. Un pavillon tout neuf dans un beau quartier... Ça, c'est du concret, pas un conte de fées.

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